Albert Kerger

La grande passion d’Albert Kerger pour le sport

Publié: 15/04/2026 - 15:56
Mis à jour: 28/04/2026 - 09:59
5 minutes
Photo: Collection privée Albert Kerger

Albert Kerger, originaire de Folschette, est remarquablement actif à 88 ans: il fait du vélo, court, travaille au jardin et en forêt. Si l’on considère l’ensemble de sa vie, il a parcouru à pied l’équivalent d’un tour du monde. Dans cet entretien, le père de trois enfants et grand-père de deux petits-enfants nous raconte comment cela s’est produit.

Quand et où êtes-vous né?

Je suis né le 31 août 1937 à la maison familiale à Rambrouch.

Parlez-nous un peu de votre enfance!

Nous étions six enfants, j’étais le troisième. Mon père était forgeron à Roodt et exploitait en parallèle une petite ferme avec quelques vaches, des porcs, des poules et quelques hectares de terres où nous cultivions notamment des pommes de terre. Ma mère, comme c’était courant à l’époque, s’occupait du foyer. Après l’école primaire à Rambrouch, je me rendais pendant deux ans à vélo à l’école professionnelle à Redange.

Photo: Collection privée Albert Kerger

Vous souvenez-vous encore de la guerre?

Pendant l’offensive des Ardennes, j’avais sept ans. Nous étions 23 personnes – famille et voisins – à nous réfugier dans notre cave pour nous protéger des bombardements. Enveloppés dans des couvertures, nous passions les nuits couchés sur les pommes de terre, remplis d’angoisse.

Quelques jours plus tard, par un froid glacial, j’ai marché à pied de Rambrouch jusqu’à Gelt avec mon parrain. Là, j’ai vu des soldats américains morts, gelés, être transférés d’un camion à un autre pour être transportés vers Hamm.

Ce sont des expériences traumatisantes pour un enfant…

Oui, et il y a eu d’autres situations dangereuses. Une fois, un soldat allemand voulait installer une batterie antiaérienne près de notre maison pour tirer sur les Américains. Heureusement, il y a renoncé, sinon nous aurions dû quitter notre maison par crainte des tirs de riposte.

Une autre fois, un soldat allemand est venu vérifier si des Américains se cachaient chez nous. Mon petit frère a alors demandé innocemment : « Ce sont les boches? » Mon père a immédiatement répondu : « Tais-toi! » Quelle délivrance lorsque cette terrible guerre a pris fin!

Photo: Collection privée Albert Kerger

Quand est née votre passion pour le sport, en particulier pour la course à pied?

À 17 ans, je courais régulièrement de Rambrouch à Oberpallen pour rendre visite à ma sœur – avec de simples chaussures en cuir fraîchement cirées ! J’y passais la nuit et rentrais le lendemain matin en courant.

C’est pendant mon service militaire que ma passion pour la course s’est réellement développée. À 24 ans, j’ai commencé à jouer au football à Feulen, puis aussi à Folschette et Rambrouch.

Quelle formation avez-vous suivie et où avez-vous travaillé?

J’ai appris le métier de forgeron-serrurier, mais cela ne me plaisait pas. Après mon service militaire, je suis entré aux chemins de fer. J’ai d’abord travaillé pour la CFL à la gare de Steinfort. En 1967, j’ai assisté au départ du dernier train de la ligne de l’Attert avant sa suppression – un moment très triste. Ensuite, j’ai été affecté à la gare de Luxembourg comme agent de surveillance, notamment responsable de l’organisation du transport scolaire en bus. J’ai toujours aimé travailler, jusqu’à ma retraite le 1er septembre 1994.

Photo: Collection privée Albert Kerger

Quels sont vos principaux succès sportifs en course à pied?

À 45 ans, j’ai commencé à courir des marathons. J’ai notamment participé trois fois au marathon de Berlin, où j’ai réalisé mon meilleur temps en 2h 49min 57s. J’ai également couru à Stockholm, Oslo, Echternach et au marathon ING à Luxembourg. J’ai aussi participé à de nombreux cross et courses sur route. Mon meilleur résultat a été un temps de 37 minutes lors de la course de la Saint-Sylvestre à Rambrouch.

Vous aviez aussi votre propre “course-pèlerinage” annuelle?

De 1982 à 2017, je courais de Folschette jusqu’à l’Octave à Luxembourg. Je partais de nuit à 2 h 45 et empruntais la route principale via Hostert, Saeul, Kopstal et Rollingergrund. Après 35 kilomètres, ma femme m’attendait à 5 h 30 dans la voiture avec une bassine, un costume et une cravate. À 6 h précises, nous étions comme tous les autres pèlerins dans la cathédrale.

Photo: Collection privée Albert Kerger

Était-il courant de courir à l’époque?

Pas du tout. Les gens me demandaient souvent si je n’avais rien d’autre à faire. La course à pied n’est devenue populaire que bien plus tard.

Quel est votre secret pour rester en forme à un âge avancé?

Une alimentation saine est essentielle. Nous mangeons beaucoup de légumes de notre propre jardin et ma femme est une excellente cuisinière.

À cela s’ajoute une vie bien réglée : ne pas fumer, boire modérément, être satisfait et rester actif. En plus du sport, le jardinage, le travail du bois et les tâches ménagères me maintiennent en mouvement. J’ai ainsi réussi à maintenir mon poids de 63 kilos depuis l’âge de 19 ans jusqu’à aujourd’hui.

Photo: Collection privée Albert Kerger

Continuez-vous à courir à 88 ans?

Oui, je cours encore tranquillement pour moi. Je ne participe plus à des compétitions. Lors du marathon ING à 81 ans, j’étais tellement épuisé que j’ai décidé que ce serait mon dernier marathon. Mais je participe encore au Réidener Wanterlaf. Je parcours environ 30 kilomètres par semaine – il y a quelques années, j’en faisais encore 50.

Dans les années 1990, vous avez aussi découvert le vélo…

Oui, le vélo est aujourd’hui ce que je préfère ! J’ai participé avec beaucoup de plaisir à de nombreuses randonnées. Ma course favorite est la Rominger Classic. J’ai également de très beaux souvenirs d’épreuves comme le Trophée Jempy Schmitz, la Petite Crique, la « Charly Gaul », l’Ardéchoise et la montée chronométrée « Mam Vëlo de Buurschter rop ». J’aime particulièrement les parcours de montagne et je roule souvent dans l’Oesling.

Quel vélo utilisez-vous actuellement?

À 86 ans, j’ai acheté mon premier vélo électrique – il m’accompagnera encore pendant quelques années !

Si vous pouviez encore réaliser un souhait, lequel serait-il?

Je souhaite profiter des années qu’il me reste avec mon épouse, tout en restant aussi actif que possible.

Albert Kerger montre que l’activité physique, la simplicité et la joie de vivre sont les meilleurs ingrédients pour une vie longue et en bonne santé. Son parcours est à la fois une source d’inspiration et de motivation, et nous le remercions chaleureusement de l’avoir partagé avec nous.

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