Musée de l'Ardoise
Journées européennes du patrimoine
28/09/2026
Le 385th Bomb Group Museum à Perlé est bien plus qu’une collection d’objets datant de la Seconde Guerre mondiale. Derrière chaque uniforme, chaque parachute et chaque objet personnel se cache une histoire humaine, souvent dramatique.
Nous avons rencontré Max Feller, petit-fils du fondateur du musée Roger Feller, et Carlo Pavani pour parler des nouveaux projets, de visites hors du commun et de ce qui les motive à faire vivre ce lieu de mémoire.
Max Feller: Ce sont des moments très émouvants. Nous recevons encore régulièrement la visite de membres des familles d’aviateurs dont l’appareil s’est écrasé dans la région. Récemment, le neveu d’un membre d’équipage, venu d’Australie, nous a rendu visite. L’avion de son oncle s’était écrasé près de Rambrouch. Dans notre exposition, nous conservons encore sa botte – un souvenir particulièrement émouvant.
Nous possédons également le parachute d’un pilote américain dont l’avion s’est écrasé près de Martelange. Il a survécu au crash et, en guise de remerciement, a offert son parachute à un agriculteur qui lui était venu en aide. Le tissu a ensuite servi à confectionner une robe de communion. Ce sont précisément ces histoires qui donnent vie à l’Histoire d’une manière très particulière.
Carlo Pavani: Nous avons restructuré l’exposition et créé un parcours de visite bien défini. Nous avons également aménagé de nouveaux espaces. Nous sommes particulièrement fiers d’une baraque que nous avons reconstituée et dans laquelle les visiteurs peuvent notamment découvrir le matériel utilisé pour la formation des différents membres d’équipage d’un Boeing B-17.
Le B-17 « Flying Fortress » était l’un des bombardiers lourds les plus connus de la Seconde Guerre mondiale. Le 12 juillet 1944, deux appareils de ce type se sont écrasés au-dessus de Perlé pour des raisons qui, aujourd’hui encore, ne sont pas entièrement élucidées. Les deux avions comptaient au total 20 membres d’équipage. Dix-huit d’entre eux ont perdu la vie dans les crashs. Seuls deux ont survécu.
Carlo Pavani: Exactement. Beaucoup de gens ont du mal à imaginer les conditions dans lesquelles ces jeunes hommes effectuaient leurs missions. Leur équipement complet pouvait peser jusqu’à 40 kilos. À haute altitude, les températures descendaient très largement en dessous de zéro. Il suffisait d’enlever ses gants pendant quelques instants pour risquer de se geler les doigts en quelques secondes. À cela s’ajoutaient les masques à oxygène et l’espace extrêmement exigu à bord. Nous voulons permettre aux visiteurs de mieux comprendre ce que ces hommes ont enduré.
Max Feller: Il reste encore beaucoup à faire. Nous souhaitons présenter deux rares uniformes de la Compagnie des volontaires datant d’avant-guerre sur des mannequins, dans une nouvelle vitrine. La vitrine consacrée aux jeunes hommes de notre commune qui ont été enrôlés et ont survécu à la guerre sera également réaménagée.
Notre uniforme des « Gielemänner » est lui aussi tout à fait exceptionnel. La plupart des uniformes portés par les collaborateurs ayant été brûlés après la guerre, une telle pièce est aujourd’hui devenue extrêmement rare.
Carlo Pavani: Autant que nos familles nous en accordent ! Nous nous retrouvons tous les mercredis soir au musée pour planifier les projets et travailler sur l’exposition. Lorsque des travaux plus importants sont en cours, nous y consacrons souvent aussi nos week-ends et nos soirées jusque tard dans la nuit.
Lors de notre journée portes ouvertes, organisée chaque année autour du 12 juillet, nos familles viennent toutes nous prêter main-forte. Sans elles, tout cela ne serait pas possible. Nous leur sommes vraiment reconnaissants pour leur soutien.
Max Feller: Je m’intéresse à la Première et à la Seconde Guerre mondiale depuis mon enfance. Mon grand-père, Roger Feller, m’emmenait toujours avec lui au musée. J’ai pratiquement grandi ici.
Il est très important pour nous de préserver le caractère du musée et de faire en sorte qu’une grande partie de ce que mon grand-père a construit avec tant de passion puisse être transmise aux générations futures. À l’époque, il avait notamment reçu de nombreuses pièces aujourd’hui exposées de la base militaire américaine de Spangdahlem.
Max Feller: C’est exact. Au fil des années, nous avons reçu la visite de généraux de haut rang, d’ambassadeurs et d’autres personnalités importantes. Il n’était pas rare de les voir arriver chez nous à bord de limousines blindées, accompagnées de tout un dispositif de sécurité.
Cette année encore, nous avons accueilli au musée une délégation de l’US Air Force stationnée en Europe.
Max Feller: Notre message le plus important est celui de la paix. Fidèles à la devise «This shall not happen again» – «Cela ne doit plus jamais se reproduire» –, nous voulons contribuer à faire en sorte qu’une telle guerre ne se reproduise jamais.
Nous voulons également rappeler le rôle déterminant joué par les Américains dans la libération du Luxembourg du régime nazi.
Et les 18 hommes qui ont perdu la vie au-dessus de Perlé le 12 juillet 1944 ne doivent jamais être oubliés : «As long as we live, they will live also.» – «Tant que nous vivrons, ils continueront eux aussi à vivre.»
Le musée est ouvert chaque 2e dimanche du mois :
Du 1er avril au 31 octobre : de 10h00 à 17h00
Du 1er novembre au 31 mars : de 10h00 à 16h00
Lorsque le musée est ouvert, des visites guidées peuvent bien entendu être proposées.
385th Bomb Group Museum
6, rue de l’Église
Perlé
385bgmm@gmail.com
www.385bg.lu
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