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27/02/2026
L’eau potable est l’une de nos ressources les plus précieuses – et sa protection commence bien avant le robinet. Dans la région d’Attert & Wincrange, Thomas Bodziuch coordonne depuis six ans les mesures de protection des eaux souterraines. Dans cet entretien, il explique les défis actuels, l’importance de la collaboration avec le monde agricole et le rôle que peuvent jouer de nouvelles pratiques agricoles dans la réussite de cette mission.
Thomas, peux-tu te présenter brièvement?
Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur en science des matériaux, j’ai travaillé comme ingénieur en génie des procédés dans le domaine du traitement des eaux usées. Depuis six ans, j’exerce la fonction de chargé de protection des sources – ou animateur – pour les zones de protection de l’eau potable de la région Attert & Wincrange.
Quelles sont tes principales missions?
Je définis, accompagne et évalue les mesures destinées à assurer la protection durable des nappes phréatiques, selon le principe : « Mieux vaut prévenir que guérir ! » L’objectif est d’éviter les pollutions à la source plutôt que de devoir les corriger ultérieurement au prix d’efforts et de coûts considérables.
Comment évaluer la qualité des nappes phréatiques dans les zones protégées?
Elle varie fortement selon l’utilisation des sols dans le bassin d’alimentation d’un captage. Dans des régions à vocation agricole intensive, comme la vallée de l’Attert, les principales pressions proviennent de concentrations élevées en nitrates et de résidus de produits phytosanitaires. Il faut toutefois préciser que la qualité de l’eau souterraine ne correspond pas à celle de l’eau potable : l’eau du robinet répond bien sûr à toutes les normes légales, car elle est traitée et contrôlée régulièrement.
Quelles approches permettent d’améliorer la qualité de l’eau?
La coopération étroite avec les agriculteurs est essentielle pour minimiser le lessivage d’engrais et de produits phytosanitaires. Mais il ne faut pas négliger non plus les activités industrielles, la gestion des eaux usées dans les zones habitées, ni la sensibilisation des ménages privés.
Comment cette collaboration se traduit-elle concrètement?
Il y a cinq ans, les communes de Bissen, Ell, Grosbous, Mertzig, Préizerdaul, Redange et Wincrange se sont associées aux syndicats des eaux DEA et SEBES afin de renforcer la coopération avec le secteur agricole dans les zones de protection de l’eau potable. Nous visons des solutions gagnant-gagnant, bénéfiques à la fois pour la ressource en eau – et donc pour le consommateur final – et pour les exploitations agricoles.
Peux-tu citer un exemple particulièrement réussi de cette collaboration?
Oui, dans la commune de Redange, grâce à l’engagement actif des agriculteurs, environ 80 % des surfaces agricoles situées dans les zones de protection de l’eau potable sont désormais couvertes par des contrats de coopération. Un élément clé de ce succès est le projet pilote « Cultures alternatives comme mesures de protection de l’eau », qui a testé la Silphie perfoliée, une plante vivace, en remplacement du maïs ensilage pour la production de biomasse.
Qu’est-ce qui rend la Silphie si intéressante?
C’est une culture très respectueuse de l’environnement : elle peut être exploitée pendant 10 à 15 ans, nécessite moins d’engrais et ne requiert aucun traitement phytosanitaire à partir de la deuxième année. Elle protège le sol contre l’érosion, améliore sa capacité de rétention d’eau et offre aux abeilles une source de nectar précieuse. Ses rendements – en matière sèche et en production de biogaz – sont comparables à ceux du maïs ensilage.
Comment le projet a-t-il été mis en œuvre à Redange?
En mai 2023, avec le soutien de la Chambre d’agriculture, dix hectares de Silphie ont été plantés dans les zones de protection. Afin de compenser la perte de rendement la première année, un semis mixte avec du maïs ensilage a été réalisé. Depuis 2024, on récolte uniquement de la Silphie – et, à la grande satisfaction des agriculteurs, la culture s’est bien établie. Ceci se reflète également dans les rendements obtenus. La conversion est subventionnée à hauteur de 75 % par le Fonds de l’eau du ministère de l’Environnement, le reste étant pris en charge par la commune de Redange, en tant que fournisseur d’eau potable. Cela a considérablement facilité l’engagement des exploitations.
Que souhaites-tu pour l’avenir de nos nappes phréatiques?
Je souhaite que la collaboration fructueuse entre communes, agriculteurs, services de conseil et syndicats des eaux continue à se développer. La protection durable de l’eau potable ne peut réussir qu’à travers une coopération collective – et c’est précisément ce que nous expérimentons avec succès ici, dans la région d’Attert & Wincrange.

Thomas BODZIUCH
Chargé d’études
Animateur ressources eau potable
Syndicat intercommunal
Distribution d’Eau des Ardennes - DEA
Tél: 23 64 24 - 55
Mobile: 621551755
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